Je me remets enfin à ce blog maintenant que j’ai un peu de temps et que le site ne plante plus…
Le samedi 17 août, nous partons avec Adélie visiter la réserve naturelle du Río Clarillo qui se situe près de Santiago. Après 50 minutes de micro (les bus de Santiago), le chauffeur nous lâche dans ce qui nous semble le milieu de nulle part, mais nous tombons vite sur un panneau qui indique l’entrée de la réserve à 4km, que nous parcourrons à pied.
De nombreux cactus jalonnent la route. Des cactus de 3 ou 4 mètres de haut, tout de même, on ne plaisante pas.
C’est sur ce chemin que nous rencontrons un authentique cowboy ! Des bottes au chapeau plat chilien, l’homme juché sur son cheval nous explique qu’il va chercher une vache dans la Cordillère des Andes, voyage qui va lui prendre la journée… Wow ! Et le cowboy nous propose même de faire un tour sur son cheval, ainsi chacune à notre tour, nous montons sur la bête pendant quelques centaines de mètres pendant que le cowboy tient la bride. Super rencontre ! Je rajouterai la photo plus tard, je ne l’ai pas pour l’instant…
Cette réserve naturelle est étonnamment peu connue, alors qu’elle m’a semblé un petit paradis ! Là-bas, le bruit, la foule et la pollution de Santiago ne sont plus qu’un mauvais souvenir, alors que nous arpentons les chemins pentus du parc dans le silence troublé seulement par le chant des oiseaux ou de la rivière.
En début d’après-midi, nous nous arrêtons pour faire une sieste sur une grosse pierre plate au milieu de la rivière. Très agréable ! Le bruit du courant est complètement hypnotisant…
Lorsque l’on sort de la capitale, l’atmosphère change complètement et cette petite échappée me donne d’autant plus envie de voyager dans les contrées vertes et sauvages du sud !
À la fin de la journée, il nous faut reparcourir les quelques kilomètres jusqu’à l’arrêt de bus, mais par chance, une voiture s’arrête très vite à nos côtés pour nous proposer de nous emmener jusqu’à l’arrêt de bus. C’est un couple avec leur nièce qui sont si gentils qu’ils nous remmènent même jusqu’à Santiago directement (en nous offrant au passage des cacahuètes et des amandes) ! Même plus besoin de faire du stop, les voitures s’arrêtent toutes seules…
« Première escapade » parce qu’il y en aura d’autres ! Je suis partie dimanche 11 août à la découverte de la « Vallée du Paradis », si l’on en croit la traduction. C’était effectivement enchanteur ! À seulement un peu plus d’une heure de bus de Santiago (un bus pas cher, luxueux, spacieux et dont le conducteur ne conduit pas comme en montagne !!), Valparaiso me parut calme, aérée, colorée, vivante et, coup de chance, assez peu bondée de touristes pour un dimanche ! La suite en images… Même si les photos que j’ai prises ne reflètent que partiellement l’atmosphère de la ville.
Ceci est l’armada de Valparaiso, l’ancien bâtiment de l’armée sur la place centrale de la ville, un peu à l’écart du vieux centre pittoresque. Valparaiso est une ville de collines, toutes les routes sont en pente abrupte, on ne compte plus les escaliers dans tous les coins et les funiculaires. C’est surtout le vieux « Valpo » qui est comme ça, la partie moderne s’étend le long du front de mer qui est plus plat, mais beaucoup moins joli à mon avis, ça fait très mégalopole balnéaire américaine, avec les grands bâtiments brillants et du béton partout. Nous ne sommes pas restés longtemps dans cette zone, préférant les maisons colorées et les graffitis artistiques qui font la renommée de Valparaiso… au grand déplaisir de nos jambes ! Mais cela valait vraiment le coup !
Une petite pause dans un super restaurant : el Café del Pintor (le Café du Peintre) :
Rien que pour ça, cela valait le coup de venir ! Cependant, mes velléités de végétarisme sont complètement étouffées au Chili où il est presque impossible de manger un bon plat végétarien dans un restaurant…
Valparaiso est beaucoup plus grand que je ne l’imaginais, elle s’étend très très loin…
Valparaiso se confond avec Viña del Mar, une très grande station balnéaire voisine.
Dans les vieux cerros (collines), tout est décoré, jusqu’aux escaliers !
Et maintenant, la collection des plus beaux graffitis que j’ai rencontrés sur mon chemin !
Celui-ci est de loin mon préféré !
Valparaiso est tellement grand qu’en une journée, on n’en a absolument pas fait le tour, je reviendrai !
Je suis retournée samedi 10 août au Cerro San Cristobal, mais cette fois, pour grimper en haut à pied et pour voir ses très beaux parcs !
Nous nous sommes retrouvés en bas vers 10h, avec pulls, écharpe et gants. Les matins d’hiver sont froids ici ! Mais au bout de quinze minutes de marche au soleil, nous sommes déjà tous en T-shirt, l’air se réchauffe vite. Nous suivons la route sinueuse et pentue pendant environ deux heures, en s’arrêtant très souvent pour admirer ce qui nous entoure et faire un tour dans ses différents parcs.
Nous faisons notre première halte dans le fameux jardin japonais, également appelé le jardin de l’amitié ! Il est joli, calme et offre une très belle vue sur la ville. En plus d’une petite cascade, d’un pont et d’un chemin de pierre, il comporte 4 ou 5 agents de sécurité chargés de veiller à ce que les visiteurs ne touchent ni à l’eau, ni à l’herbe, ni à rien du tout. Il paraît que le parc a dû être refait maintes fois à cause du non-respect des visiteurs…
Quelque temps plus tard, nous entrons dans un autre parc qui présente un très bel échantillon de la flore du Chili. Malheureusement, c’est l’hiver et les fleurs exotiques sont absentes. J’ai quand même découvert des plantes très différentes de celles que nous voyons en Europe !
Oui, quand même, le voilà enfin, celui-là !
Nous arrivons enfin au sommet où trône la Vierge blanche, accueillis par un cantique diffusé dans les haut-parleurs. La vue est toujours aussi belle, mais aujourd’hui, la pollution se voit beaucoup plus ; il n’a pas plus depuis longtemps.
Enfin, nous redescendons en utilisant le téléphérique ! Me première fois dans un engin pareil, j’avoue que ça m’a un peu fait peur au début, mais j’ai beaucoup aimé, la vue est magnifique ! Les photos ci-dessus ont été prises du téléphérique.
Dimanche 4 août : premier jour de sortie de Santiago ! Un peu improvisé, mais ce sont ceux qui font les meilleurs souvenirs… J’ai décidé de commencer doucement par un lieu proche de la ville, mais néanmoins magnifique : el Cajón de Maipo ! Cajón veut dire canyon en espagnol et c’est un petit coin de montagnes, rivières, cascades, plaines tout plein de nature et d’air pur à une quarantaine de kilomètres de Santiago. Tout ce qu’il me faut !
San José de Maipo
Accompagnée d’une française et d’une espagnole, nous partons vers 9h. Un premier bus nous emmène tout d’abord en une heure jusqu’à San José de Maipo, le dernier gros village dans ce coin de la Cordillère. De là, nous nous renseignons sur les lieux à voir absolument et l’embalse el Yeso nous semble parfait pour cette courte sortie : un lac turquoise apparemment sublime entre les montagnes. Un deuxième bus nous emmène alors à San Gabriel où nous rencontrons en descendant du bus Eric, un étudiant en géologie qui cherche des cailloux dans la montagne pour sa thèse ! Mention spéciale à mon petit frère préféré qui a un prénom international qui a traversé l’océan Atlantique et la Cordillère des Andes ! Nous faisons un bout de chemin avec lui jusqu’à un endroit qu’il nous conseille pour faire du stop jusqu’au lac.
Nous sommes prises en stop presque immédiatement par un couple et leur fille étudiante, super sympathiques, qui nous conduisent jusqu’au lac sur des routes tortueuses de montagne. Nous touchons au but ! Et là, désillusion….. Nous sommes bloqués sur la route, l’entrée au lac est interdite à cause d’un accident malheureux qui s’est produit quelques semaines avant. Je suis tout d’abord extrêmement déçue mais il s’avère que le coin où nous nous arrêtons est tout de même fort joli et cette famille si agréable que nous restons avec eux pendant le reste de notre périple ! Nous n’aurons pas vu le lac extraordinaire mais nous aurons eu la chance de connaître ces chiliens au fil du voyage en stop, du déjeuner et même de la partie de Gran Santiago (le Monopoly du Chili) que nous faisons avec eux ! Et puis l’endroit est quand même très beau…
En milieu d’après-midi cependant, la française qui m’accompagne tombe malade et nous décidons de rentrer. Ces sympathiques chiliens nous remmènent alors à San José en voiture pour que nous puissions prendre le bus pour Santiago ! Avant de prendre le bus, nous nous arrêtons dans un café pour que la malade prenne des forces puis nous montons dans le bus vers 18h30. Et re-paf, nous sommes à nouveau bloqués sur la route : un accident plus loin nous empêche de passer…… Décidément, on collectionne les routes bloquées ! Après un trajet beaucoup trop long et fatigant (mais qui me permet de profiter d’une leçon d’espagnol avec l’espagnole qui m’accompagne), nous arrivons enfin à Santiago vers 22h, puis une demie heure de métro plus tard, je suis de retour chez mes bonnes sœurs !
En définitive, ce fut un voyage qui ne s’est pas du tout passé comme prévu mais nous avons quand même fait la découverte de gens supers et d’un lieu magnifique ! J’ai hâte de repartir…
À l’occasion d’un autre petit tour de Santiago, cette fois-ci avec les étudiants étrangers de l’Université et nos tuteurs, nous avons arpenté le cerro Santa Lucia, une colline plus petite que San Cristobal et très différente, mais charmante à sa manière.
Quelques vieux bâtiments, inhabités aujourd’hui, ont été érigés sur la colline au milieu des arbres.
La Cordillère est toujours présente en arrière-plan des photos de Santiago.
On respire un peu mieux parmi les plantes, mais c’est une toute petite bulle d’oxygène dans l’immense capitale !
Tous les deux mois, c’est la fête chez les Petites Sœurs ! On célèbre les anniversaires des deux derniers mois parmi les 80 et quelques résidents. Mais c’est un anniversaire à l’échelle de 80 personnes ! L’ambiance est très joyeuse et festive, entre musiques, spectacles faits maison et gâteau géant…
Des volontaires et des membres du personnel se sont déguisés en mariachis pour un petit concert en playback !
Quand les bonnes sœurs font un gâteau, ça ne plaisante pas !
On n’oublie pas non plus les petits fours à répartir dans plus de 90 assiettes avec une part de tarte…
La fameuse danse dite du fauteuil roulant
Et me voilà en train d’improviser des pas de danse interculturels en face d’un danseur chevronné qui ne comprenait pas tout…
Chaque résident dont on fêtait l’anniversaire a également reçu un cadeau ! Je n’ai pas pu voir ce qu’ils étaient, mais c’est stupéfiant de voir à quel point les abuelitos sont chouchoutés !
Qui a dit que les nonnes ne savaient pas s’amuser ?
El cerro, en espagnol, signifie le mont. Santiago étant presque au pied de la Cordillère des Andes, c’est une ville un peu vallonnée et plusieurs collines ont été aménagés pour permettre l’ascension au sommet. Le cerro San Cristobal a ceci de particulier qu’il culmine à 860m de hauteur et qu’il est le plus près du centre de la ville. Son sommet offre donc un panorama bien particulier.
Pour y monter, il existe deux options : trois heures de marche sur des sentiers sinueux ou un funiculaire qui nous hisse au sommet. Nous avons bien entendu choisi la deuxième solution, car du funiculaire, on peut déjà profiter d’une vue magnifique et de plus, c’est une des principales attractions de San Cristobal.
Après plus d’une heure et demie de queue, nous voilà enfin à bord du funiculaire !
Arrivés au sommet, nous cherchons le meilleur point de vue…
On peut voir le nuage de pollution qui flotte sur la ville. Comme il avait plu la veille, le smog était léger…
Au sommet du mont a été érigée en 1908 une gigantesque statue de la Vierge, haute de 12m et visible depuis presque toute la ville, ainsi qu’une sorte de temple et une église. L’immense parc de 720 hectares rattaché au mont San Cristobal est un refuge de nature qui tranche avec l’urbanisation intense de la capitale chilienne. Il comporte également un zoo, ce qui m’enchante beaucoup moins, mais, paraît-il, les animaux y sont bien soignés…
Des croix décorées jalonnent le chemin de ronde qui fait le tour du sommet.
Ce graffiti est juste en face de la porte de la maison.
Les murs de Santiago sont en grande majorité couverts de graffitis dans les quartiers populaires ! Dans les coins plus riches et modernes, ils sont beaucoup moins nombreux, mais à visée plus artistique. On parle tout le temps des graffitis de Valparaiso, mais ceux de Santiago valent également le détour !
Devant la Moneda, avec la Hermanita Nelia et Camila, une volontaire.
Dès le deuxième jour, nous faisons un rapide tour du centre. Nous passons entre autres devant la Moneda, le palais présidentiel, à côté duquel est érigée une statue de Salvador Allende qui me permet d’avoir une discussion très intéressante avec la Hermanita Nelia, apparemment fervente socialiste !
Les rues de certains quartiers sont peintes de couleurs vives, c’est très joli ! Et on croise parfois les carabinieros sur leurs chevaux…
Quelques vues de Santiago…
La ville vue d’un pont, ou en tout cas, un quartier. Santiago est immense, il va me falloir des mois pour en connaître tous les quartiers !
Le plus haut bâtiment d’Amérique Latine se trouve à Santiago ! Il est en effet assez impressionnant…
La Cordillère des Andes ! On la voit d’un peu partout dans le ville et encore mieux depuis la partie aérienne du métro !
Santiago by night et un peu flou, mais c’est voulu, bien sûr.
Il est 17h30, c’est l’heure du dîner des résidentes de l’infirmerie des femmes ! J’enfile mon charmant petit tablier blanc par dessus mes trois pulls (le chauffage ne fonctionne pas partout…) et je suis prête pour le service ! Il faudra ensuite les aider à se déshabiller (j’ai dû me débrouiller toute seule dès la première fois, sans trop comprendre ce qui se passait), puis à se coucher, vers 18h30. Les médicaments aidants, elles s’endorment très tôt. Je découvre petit à petit la dure réalité des établissements d’accueil de personnes âgées… Les aides-soignantes ne disposent que de très peu de temps pour toutes les résidentes et il me semble qu’elles font tout trop rapidement et brutalement. Le respect de la personne apparaît secondaire et je suis choquée par certaines phrases qu’elles n’hésitent pas à prononcer devant les résidentes. Cependant, n’étant pas moi-même soumise à ce rythme trop rapide, je peux prendre mon temps et je consacre ainsi un quart d’heure (au lieu des trois minutes habituelles) à la toute petite Camilla que je dois aider à déshabiller. Dans un moment de lucidité inhabituel, elle me confie qu’elle est très gênée de devoir se déshabiller devant une autre personne… Je la comprends tout à fait, sa gêne est aussi la mienne ! J’essaie de la rassurer tant bien que mal avec mon peu de vocabulaire en lui disant qu’elle ne doit pas me voir comme une personne, mais seulement comme une aide. Cela semble la rassurer, je crois, mais je ne comprends pas tout ce qu’elle me dit, hélas. Les échanges viendront petit à petit !
J’apprends beaucoup ici et des liens se créent jour après jour avec certains des résidents, mais ce n’est pas toujours évident. L’état physique ou mental de certains me fait beaucoup de peine et je les aide comme je peux. Je n’ai parfois qu’un sourire à offrir, c’est déjà un début ?
Ce voyage de Dinard à Santiago étant mon premier voyage en solitaire aussi long, j’ai jugé qu’il méritait un article bien détaillé. D’autant que c’est le premier article que j’écris et que je n’ai pas encore appris à synthétiser. On verra ça plus tard…
Prête de la tête aux pieds pour le Chili ! Enfin, surtout aux pieds…
Mercredi, vers 14h : départ de Saint Malo, après un rapide passage chez Bonne-Maman pour un dernier au-revoir. J’ai quitté la maison de Dinard et mon petit frère chéri un peu plus tôt, avec moult larmes. Mon grand frère chéri était reparti au Maroc deux jours avant, les au-revoir avaient également été assez mouillés… J’ai égrené les semaines précédentes de derniers instants avec mes amis, cela commence à faire beaucoup. J’ai décidé d’aller faire un bout de chemin à l’autre bout du monde, il faut bien en passer par là.
Maman, Rémi et moi arrivons à l’aéroport de Nantes à 15h50 (3h tout
pile avant le décollage, on ne plaisante pas !). Entre l’enregistrement
de la valise, les dernières questions, le bruit, la foule et l’angoisse
qui monte un peu, je n’arrive pas à réaliser que je m’apprête à quitter
mes parents pour plusieurs mois. Eux sont beaucoup plus courageux que
moi et nous nous disons « à bientôt » sereinement, bien que je pleure
comme une madeleine à l’intérieur. Montons bien vite l’escalier vers la
douane pour penser à autre chose…
Je suis le mouvement et me voilà dans l’avion en route pour Madrid à
18h50 ! J’ai l’impression de laisser une partie de moi derrière au
décollage, disons que c’est le soleil éclatant qui fait briller mes
yeux.
Arrivée à Madrid un peu après 20h (mon dieu, que c’est grand, ce terminal, qu’est-ce qu’on ne va pas inventer), je m’apprête à y passer la nuit, parce que ma correspondance pour Barcelone n’a lieu qu’à 7h le lendemain matin. J’erre dans l’aéroport pour trouver un coin confortable où dormir, mais je ne trouve que des rangées de sièges en fer. Bien bien bien. J’ai également fait la rencontre d’un réfugié africain qui demandait désespérément quelques sous aux passants pour pouvoir prendre un bus qui l’emmènerait à un autre terminal. À Madrid, si tu arrives au terminal 4 et que ta correspondance est au terminal 1, tu payes quelque chose comme 15€. Tu es un réfugié qui est arrivé avec à peine 5€ en poche ? Tant pis pour toi, tu fais la manche les larmes aux yeux. Et ta dignité de vieil homme, tu la flanques dans ta valise.
Aaaah, les délicieux petit-déjeuners des aéroports, les croissants espagnols au goût de pain de mie, le chocolat en poudre… non, pardon, le sucre en poudre…
À 7h du matin, je suis dans l’avion pour Barcelone. Depuis la veille, tout le monde – ou presque – parle espagnol, cela me prépare à ce qui m’attend. À l’arrivée à Barcelone, je cherche en vain la porte d’embarquement de mon avion pour Santiago qui n’est finalement renseignée que vingt minutes avant l’embarquement. Rien de tel qu’un pic de stress pour reléguer la nostalgie à l’arrière-plan. Puis, tout est bien qui finit bien… Ah non, un problème avec ma carte d’embarquement, on aurait annulé ma réservation, je ne peux pas passer. Finalement, après quelques manipulations informatiques, on m’assigne un autre siège et je peux embarquer. Ouf ! Mais à toute chose, malheur est bon : j’ai le hublot et aucun voisin, donc plein de place et une superbe vue. Je suis en plus entourée par deux françaises qui partent étudier à Santiago ! Deux futures camarades de randonnées… Et c’est parti pour 14h30 de vol !
Un dernier coup d’œil à l’Europe.
Le soleil se couche au-dessus de la Cordillère, nous arrivons bientôt.
Il est plus de 20h (heure locale), je pose le pied au Chili ! Je ne réalise pas du tout. Après beaucoup d’attente et beaucoup de contrôles à passer, j’aperçois deux toutes petites bonnes sœurs qui m’attendent à la sortie. Ce sont mes deux premières Hermanitas de Los Pobres ! Hermanita Nellia et Hermanita Ana, chilienne et colombienne, adorables et énergiques, elles m’emmènent jusqu’à leur voiture aussi grise que leur voile et, de l’aéroport, nous filons à la Casa, calle San Pablo. Tout est différent ! L’architecture, les gens, les panneaux. Je fais d’abord connaissance avec Santiago par ses quartiers pauvres au bord de la route que je trouve charmants, chaleureux et très colorés avant de remarquer l’état des maisons qui les composent. Je suis accueillie à la Maison (chaque maison des Petites Sœurs de Pauvres s’appelle Ma Maison) par la Mère Supérieure, dont je ne parviens pas à voir le visage caché derrière son écharpe (et oui, c’est l’hiver en juillet ici !) ainsi que par les trois jeunes volontaires qui sont venues passer quelques jours ici pendant leurs vacances. Chiara, 17 ans, Josefa, 17 ans et Sonia, 15 ans m’emmènent dîner dans l’immense salle à manger et je fais connaissance avec ces trois jeunes chiliennes débordantes de bonne humeur et de générosité. Je parviens enfin à me connecter à la wifi et à envoyer des messages à tout le monde pour prévenir de mon arrivée. Nous montons ensuite au dortoir des volontaires qui sera ma chambre pendant ces prochains mois. Heureusement, il est rarement occupé, mes trois comparses restant rarement dormir, j’aurai donc une très grande chambre et 5 lits pour moi toute seule ! Il est tard, j’ai beaucoup trop d’heures de voyage dans les pattes et le décalage horaire ne me réussit pas, je m’endors sans tarder.
1h du matin, 23kg. Parée pour l’assaut. Tremblez, chiliens.
— Rémi Caudron, 16 juillet 2019.
Que prendre quand on part pour plusieurs mois ? Question difficile… D’autant plus que je ne sais pas encore si je resterai au Chili pendant un ou deux semestre. Là-bas, j’arriverai pendant l’hiver mais je compte bien rester au moins jusqu’au milieu de l’été. Je dois donc prendre des affaires de toutes les saisons ! Mais je n’ai droit qu’à 23kg dans ma grosse valise de voyage. 23kg, cela paraît beaucoup ! Certes, mais seulement à première vue… En réalité, j’ai du faire un choix drastique pour ne prendre que le nécessaire, j’achèterai le reste sur place au fur et à mesure. Finalement, la veille du départ, à 1h du matin, ma valise est prête, merci à tous ceux qui m’ont aidée à la remplir (et à la vider…) !
L’épreuve de la valise, pour difficile qu’elle soit, n’est rien comparée à celle des démarches officielles : inscriptions, recherche de logement, visa, vaccins…
Pour le logement, après maintes recherches, la meilleure solution (qui m’est venue de Tante Tilane, merci !) semble être les Petites Sœurs des Pauvres ! Elles ont une maison à Santiago de Chile, c’est parfait. Après avoir rencontré les Sœurs de la maison mère, le « deal » est conclu, elles vont m’héberger en échange de quelques heures de volontariat avec les personnes âgées. C’est super, j’aurai tant à apprendre !
Le pire fut encore le visa et les vaccins. Après de multiples péripéties qui me faisait paraître le Chili inaccessible, je me suis finalement retrouvée à Paris deux jours avant mon départ pour retirer mon visa et me faire vacciner ! Merci à Julien, Valérie et Brigitte pour m’avoir hébergée et pilotée dans cette capitale que je ne connais que trop peu !
La petite provinciale en virée à Paris…
Le jour J, tout est prêt, les démarches ont été faites (pour la plupart en urgence et en retard, mais c’est comme ça qu’on apprend, non ?), je peux partir ! Sauf que les au-revoir sont un peu difficile…